• Don Landes

Phénoménologie et éthique. Université Laval, PHI 7704

Phil 7704 Phénoménologie et éthique. Université Laval, H18


BUT DU COURS



« Ainsi pour les moments de notre vie, dont nous sommes les artisans. Chacun d’eux est une espèce de création. [… N]ous nous créons continuellement nous-mêmes. [Il s’agit d’une] création de soi par soi. »

(Henri Bergson)


« Nous ne sommes jamais plus (et parfois moins) que les coauteurs dans nos propres récits. »

(Alasdair MacIntyre)


La résurgence contemporaine de la tradition aristotélicienne de l’éthique de la vertu a commencé à la fin des années 70, notamment dans le travail de philosophes analytiques comme Philippa Foot, John McDowell et Alasdair MacIntyre. Selon eux, les systèmes dominants dans l’éthique n’étaient pas capables de répondre aux complexités de la vie morale. Des auteurs encore plus contemporains (Annas, Hursthouse et Tessman, par exemple) qui continuent à approfondir ce nouveau retour à l’éthique de la vertu insistent souvent sur le fait que l’éthique traditionnelle n’explique pas adéquatement notre existence corporelle et temporelle. La tradition s’intéresse, selon eux, à l’application des principes abstraits, et jamais assez ni à l’expérience vécue des valeurs ni au rôle de la temporalité dans la formation du caractère. Autrement dit, les thèmes au centre de cette résurgence sont souvent des thèmes phénoménologiques et existentialistes ; seulement, aucun de ces auteurs ne s’identifie comme phénoménologue existentialiste ; ils même rejettent toute la philosophie continentale. En revanche, même si la phénoménologie et l’existentialisme adressent des critiques semblables à la philosophie traditionnelle, tout en mettant l’accent sur le rôle du corps et de la temporalité, ils sont rarement amenés à proposer une éthique, sans parler d’une éthique de la vertu.


Ce séminaire se situera alors au carrefour entre l’éthique de la vertu et la phénoménologie existentielle. Sans réflexion phénoménologique sur la corporéité, la temporalité et l’expérience vécue de la valeur, est-ce que l’éthique de la vertu manque les ressources nécessaires pour remplacer l’éthique traditionnelle ? Y a-t-il une éthique de la vertu naissante dans la phénoménologie existentielle ? Faut-il repenser radicalement la conception de la subjectivité et de la valeur pour construire position non traditionnelle dans l’éthique ? C’est l’objectif de ce séminaire exploratoire de repenser l’éthique de la vertu à la lumière de l’étude de l’existence corporelle et temporelle. Nos guides dans ce séminaire seront, entre autres : Aristote, Kant, Bergson, Husserl, Scheler, Merleau-Ponty, Beauvoir, MacIntyre, Annas et Nussbaum.

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