• Don Landes

Féminisme et philosophie : le féminisme après Simone de Beauvoir (PHI 1119)

Phil 1119 Féminisme et philosophie : le féminisme après Simone de Beauvoir, H17


BUT DU COURS



« On ne naît pas femme : on le devient » (Simone de Beauvoir) ; « À proprement parler, on ne peut pas dire que les ‘femmes’ existent » (Julia Kristeva) ; « La femme n’a pas de sexe » (Luce Irigaray) ; « Le déploiement de la sexualité […] a établi cette notion de sexe » (Michel Foucault) ; « La catégorie de sexe est une catégorie politique qui fonde la société en tant qu’hétérosexuelle » (Monique Wittig).


Ces cinq citations se retrouvent ensemble en épigraphe au début du livre Trouble dans le genre : le féminisme et la subversion de l’identité, écrit par Judith Butler en 1990. Chacune de ces phrases, comme suggéré déjà par le sous-titre du livre de Butler, implique dans sa manière que les vérités fondamentales de la philosophie sont mises en question par le féminisme, notamment la conception traditionnelle de la subjectivité et de la nature humaine. Bref, le féminisme – outre de son importance sur le plan social et politique – pose un problème pour la philosophie : comment philosopher après la critique féministe de la subjectivité et de la philosophie en général ? Comment construire une philosophie féministe ou même une philosophie « post-féministe » ?


Dans ce cours, Féminisme et Philosophie, nous essaierons de repenser la philosophie après (et d’après) le féminisme en déterminant la portée philosophique du féminisme. Nous prendrons la philosophie de Simone de Beauvoir comme notre point de départ, puis nous poursuivrons les développements dans la théorie féministe depuis Beauvoir chez des auteur.e.s féministes comme Iris Marion Young, Luce Irigaray, Carol Gilligan, Monique Wittig, Judith Butler, Christine Delphy, Patricia Hill Collins et Donna Haraway. Notre but sera de bien saisir les enjeux philosophiques des textes du féminisme contemporain pour les notions de la subjectivité et de l’intersubjectivité, la phénoménologie de l’expérience vécue et corporelle, la question de la liberté et ainsi de suite. Dans cette optique, nous explorerons plusieurs thèmes clés : la distinction entre sexe et genre ; la notion de la subjectivité et de l’identité face à l’oppression ; le problème posé au féminisme par les perspectives de la classe ou de la race ; la possibilité d’une éthique du « care » ; le rôle de la technologie dans la pensée normative.

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