• Don Landes

Merleau-Ponty : la portée ontologique de la perception. Université Laval (Phil 7702).

PHI-7704 Merleau-Ponty :

La portée ontologique de la perception


I BUT DU COURS

« Comment une simple description du voir, de l’entendre, du sentir, a-t-elle pu contenir une telle charge philosophique ? »

(P. Ricœur, « Hommage à Merleau-Ponty »)


À peine quelques mois après la parution de sa thèse de doctorat (Phénoménologie de la perception, Gallimard, 1945), Maurice Merleau-Ponty a été convié par la Société française de la philosophie afin de présenter ses arguments principaux. Étant donné son approche « phénoménologique, » c’est-à-dire une approche qui se présente comme « descriptive, » ses détracteurs avaient suggéré que les conclusions de la Phénoménologie de la perception ne touchent que la psychologie : « La description psychologique ne concerne qu’un petit canton de notre expérience, et il n’y a pas lieu, pensent-ils, de donner à de telles descriptions une portée générale ; elles ne concernent pas l’être lui-même, mais simplement les singularités psychologiques de la perception. » Ce n’est pas sans importance donc que Merleau-Ponty a pris comme titre de son intervention devant ces détracteurs : Le primat de la perception et ses conséquences philosophiques. Selon Merleau-Ponty, la phénoménologie nous donne une pensée ontologique : « Le monde perçu serait le fond toujours présupposé par toute rationalité, toute valeur et toute existence. » Ou encore, dans la perception on trouve « les mêmes structures fondamentales, la même synthèse de transition, le même genre d’horizons » qu’on trouvera dans « l’être lui-même. »

Le but de ce séminaire sera donc d’interroger cette « primauté » de la perception dans la philosophie de Merleau-Ponty, en commençant par la Phénoménologie de la perception, mais aussi en suivant ce fil conducteur jusque dans ses derniers écrits (notamment « L’œil et l’esprit » et Le visible et l’invisible). Or, c’est certain que Merleau-Ponty a changé (au moins) son style d’interrogation ; a-t-il changé également sa position ultime sur la portée ontologique de la perception ? Si oui, pourquoi et comment ? Si non, où se trouve le monde perçu dans son ontologie de la « chair » ? Nous allons chercher à comprendre les fondements phénoménologiques de l’ontologie merleau-pontienne, voire la continuité ou la discontinuité de sa pensée.

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